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Frédéric Tournay

 

Le genre Cedrus ne comprend que quatre espèces :

  • le cèdre du Liban [Cedrus libani A. Rich.], 
  • le cèdre de l’Himalaya [Cedrus deodara (Roxb. ex Lamb.) G.Don] et 
  • le cèdre de Chypre [Cedrus brevifolia (Hook.f.) Elwes & A.Henry] qui nous intéresse ici.

Ce dernier est le plus rare de tous, dans la nature comme dans les jardins. Il se distingue des autres espèces par ses aiguilles courtes, épaisses, incurvées, ne dépassant pas 1,5 cm de longueur. Ses cônes femelles ont également des dimensions réduites : 8 cm de hauteur sur 5 cm de large au maximum.  

Un arbre vulnérable endémique de Chypre 

           Le cèdre de Chypre, parfois considéré par certains botanistes comme une variété du cèdre du Liban (Cedrus libani var. brevifolia), est endémique de l’île de Chypre. Il croît sur les pentes du massif de Troodos, situé dans la partie occidentale de l’île et dont le point culminant est le mont Olympe (1952 m). Le cèdre pousse entre 900 et 1400 m, le plus souvent au sein de peuplements mixtes, en compagnie de Quercus alnifolia et de Pinus brutia.
Connu dès l’époque Antique, le conifère est cité par Pline et Théophraste, qui évoquent de vastes forêts recouvrant l’île de Chypre aussi loin que porte le regard. Première apparition de cônes femelles sur un cèdre de Chypre au Jardin botanique du Col de Saverne
Toutefois, l’abattage des arbres pour le bois d’œuvre comme le surpâturage des chèvres ont entraîné au fil du temps sa quasi-disparition. L’espèce demeura dans l’oubli plusieurs siècles avant d’être redécouverte  par l’explorateur                

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Les aiguilles courtes du cèdre de Chypre (Photo : P. Meppiel)

          Les aiguilles courtes du cèdre de Chypre (Photo :J.M. Weber)

anglais Samuel White Baker (1821-1893) en 1879. À cette occasion, il envoya au Royaume-Uni quelques spécimens d’herbiers. Les botanistes qui les étudièrent s’aperçurent alors qu'ils appartenaient à un cèdre bien distinct des trois autres espèces connues jusqu’alors.
Aujourd’hui, quelques dizaines de milliers de Cedrus brevifolia sont disséminés dans seulement cinq localités de la forêt de Paphos. De ce fait, le cèdre chypriote est classé « vulnérable » par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN). En effet, cette aire de répartition restreinte et peu morcelée fait courir à l’espèce un risque majeur : un vaste incendie hors de contrôle pourrait potentiellement détruire la plupart, sinon la population entière du cèdre de Chypre. 

 

Une essence rarissime en culture 

Toutefois, l’abattage des arbres pour le bois d’œuvre comme le surpâturage des chèvres ont entraîné au fil du temps sa quasi-disparition. L’espèce demeura dans l’oubli plusieurs siècles avant d’être redécouverte par l’explorateur anglais Samuel White Baker (1821-1893) en 1879. À cette occasion, il envoya au Royaume-Uni quelques spécimens d’herbiers.
Les botanistes qui les étudièrent s’aperçurent alors qu'ils appartenaient à un cèdre bien distinct des trois autres espèces  connues   jusqu’alors.

Jeunes cônes femelles au Jardin botanique du Col de Saverne 

(Photo : P. Meppiel)

  Aujourd’hui, quelques dizaines de milliers de Cedrus brevifolia sont disséminés dans seulement cinq localités de la forêt de Paphos. De ce fait, le cèdre chypriote est classé « vulnérable » par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN). En effet, cette aire de répartition restreinte et peu morcelée fait courir à l’espèce un risque majeur : un vaste incendie hors de contrôle pourrait potentiellement détruire la plupart, sinon la population entière du cèdre de Chypre.     
         Écorce du cèdre de Chypre au Jardin botanique de Strasbourg 

(Photo : F. Tournay)

Trois arbres à l’histoire étonnante 

Les trois cèdres qui se trouvent au Jardin botanique du Col de Saverne ont une histoire insolite. À la fin d’une session de la Société Française d’Orchidophilie organisée à Chypre en 1984, un jeune semis du conifère endémique et emblématique de l’île fut remis à chaque participant. Roger Engel, qui prit part à ce voyage, récupéra plusieurs petits cèdres dans ses bagages car toutes les personnes qui participaient à cette session n’avaient pas la possibilité d’installer un tel arbre dans leur jardin à leur retour en France.
Depuis leur plantation en 1985, leur croissance a été assez modeste, sans doute en raison de la proximité de la dalle de grès.
Le plus haut des trois exemplaires – celui qui porte des cônes pour la première fois en 2013 - mesure 10 m (pour une circonférence de 0,65 m à 1 m au-dessus du sol).

Le plus petit n’atteint que 6 m de hauteur malgré ses trente ans : un véritable cèdre miniature parfaitement proportionné, sans pour autant avoir jamais été taillé.

Un exemplaire issu du même lot fut donné au Jardin Botanique de l’Université de Strasbourg et planté au même moment. Mesurant 14 m pour une circonférence de 0,95 m, il ne souffre d’aucune comparaison avec ceux de Saverne. Son développement a été bien meilleur en plaine alsacienne dans le sol alluvionnaire profond. Pourtant, malgré ces conditions plus favorables, ce dernier n’a, à ce jour, pas encore « fructifié ».

Bibliographie :

 

Christou, A. & Gardner, M.F. 2013. Cedrus brevifolia, from the website, Threatened Conifers of The World (http://threatenedconifers.rbge.org.uk/taxa/details/82).

Demoly, J.-P. & Picard, F. 2005. Guide du patrimoine botanique de France. Actes Sud.

Quézel, P. 1998. «Cèdres et cédraies du pourtour méditerranéen : signification bioclimatique et phytogéographique ». Forêts méditerranéennes 19(3) : 243-260.

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Tournay, F. 2011. Balade dendrologique au Jardin Botanique du Col de Saverne. Bulletin de l’Association des Parcs Botaniques de France 51 : 33-35.

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Ci-contre :

Deux des trois Cedrus brevifolia à Saverne (Photo : P. Meppiel)


Créé par Jean-Marie Weber. Dernière Modification : Samedi 02 mai 2015 15:13:55 par Jean-Marie Weber.