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Une (re)découverte : le cerisier capulin

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Un petit arbre appartenant au genre Prunus situé à proximité des cèdres de Chypre (Cedrus brevifolia) attire notre attention depuis quelques temps. Cet exemplaire unique et ancien a certainement été introduit par Emile Walter qui se passionnait tant pour les Rosacées. Recepé à la base, il est pourvu d’un rejet d’une quarantaine de centimètres de diamètre qui s’élève à 6 mètres de hauteur.

Cet arbre, jusqu’alors sans nom, ressemble au Prunus serotina Ehrh., le cerisier tardif originaire du continent américain, présent en divers endroits du jardin botanique. Comme chez ce dernier, sa feuille est munie de poils roux caractéristiques disposés le long de la nervure médiane, sur la face inférieure. L’inflorescence est un long racème garni d’une vingtaine de fleurs blanches qui s’épanouissent d’avril à mai. Les fruits, pourpre foncé, mûrs au mois d’août, ont une chair juteuse à la « saveur douce rappelant celle des Bigarreaux ».

Voir l'arbre en cliquant sur le lien suivant :


http://www.jardin-botanique-saverne.org/tiki-browse_image.php?imageId=2007
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Quelques critères distinguent toutefois ce sujet du Prunus serotina « typique » : les feuilles des jeunes rameaux sont nettement lancéolées et le feuillage     tombe un mois et demi plus tard que celui du cerisier tardif. Cette année, ses  feuilles jaunissantes étaient encore présentes sur les branches à la mi­décembre.

Cet arbre énigmatique est le Prunus serotina Ehrh. subsp. capuli (Cav.) McVaugh. (syn. : Prunus capuli Cav. ; Prunus salicifolia HBK.). Il s’agit d’une forme méridionale du cerisier tardif qui croît au Mexique et au Guatemala, où il est communément appelé « capulin » (ou  « capuli »), mot qui le désigne en náhuatl, la langue des aztèques. Il est aujourd’hui  très largement cultivé dans toutel’Amérique centrale, où ses fruits, consommés frais, en compote ou en confiture, sont vendus sur les marchés Andains, de l’Equateur à la Bolivie.

Sous un climat subtropical, il a un feuillage persistant et certaines variétés ont des drupes qui mesurent jusqu’à 2 cm de diamètre. A Saverne, le climat comme la roche mère affleurante limite son développement et la dimension de ses fruits. Il gagnerait sans doute à être cultivé dans une terre bien plus profonde et fertile.

Sa découverte au jardin Botanique du col de Saverne est intéressante à plus d’un titre. La présence en Alsace d’un exemplaire âgé de cette sous-­espèce d’origine tropicale est révélatrice de sa bonne rusticité. De plus, le Prunus serotina subsp. capuli est très rare en France et n’est connu que dans quelques jardins botaniques comme à l’Arboretum des Barres, dans le Loiret, et à la Villa Thuret, dans les Alpes ­Maritimes. Sa relocalisation à Saverne n’en n’a que plus d’intérêt.

Article de Frédéric Tournay, Conservateur du Jardin botanique, paru dans le Bulletin 2008


 Voir la fleur 
Voir la feuille scannée
en cliquant sur le lien ci-dessous :

www.jardin-botanique-saverne.org/tiki-browse_image.php


 

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Créé par Jean-Marie Weber. Dernière Modification : Dimanche 13 juin 2010 10:48:11 par Jean-Marie Weber.