Chargement...
 

Imprimer

Bernard Heitz

La famille des Rosacées est l'une des plus importantes des plantes à fleurs et ce à plus d'un titre. Tout d'abord elle comprend la Rose, la fleur par excellence, certainement la plante la plus citée dans la littérature non botanique.
De plus la famille, répandue dans le monde entier ou presque, l’est surtout dans la zone tempérée nord, c’est-à-dire chez nous. Ainsi, la quasi totalité des fruits de nos régions sont des fruits de Rosacées, les exceptions se comptant sur les doigts d’une main. La famille compte environ 3.400 espèces réparties en une centaine de genres.
 
 
Assez curieusement, il est difficile de donner  les
caractères  distinctifs  de la famille, à quoi reconnaît-on une Rosacée?
Qu’ont de commun un pommier et un fraisier, une ronce et une alchémille?
Tout d’abord les pièces qui composent la fleur sont toujours libres, c’est-à-dire non soudées entre elles. C’est évident pour les sépales et pour les pétales, en général au nombre de 5 et pour les étamines le plus souvent très nombreuses. Pour les carpelles, dont le nombre est très variable selon les espèces, ils sont libres également même
si les apparences sont trompeuses.
Ces organes sont fixés sur un réceptacle floral en forme de coupe plus ou moins creuse.
Les fruits sont extrêmement variés tant dans leur forme que leur consistance. Ils sont à la base de la classification à l’intérieur de la famille.
Comme moyen de défense les Rosacées font
principalement confiance à la chimie : elles contiennent fréquemment des composées cyanogènes qui donnent l’odeur d’amande amère en libérant de l’acide cyanhydrique.
Elles sont également très douées pour produire des épines. En plus de leur rôle défensif, ces dernières servent souvent à s’agripper comme on peut le voir chez les rosiers grimpants et les ronces, ou encore chez les fruits des benoîtes ou des aigremoines. Ces épines sont de simples poils très renforcés. Par contre chez les pommiers sauvages, les aubépines ou les prunelliers, les épines, purement défensives cette fois, sont des rameaux modifiés.
Les Rosacées sont presque toutes des plantes ligneuses ou sous-ligneuses.
La complexe famille des Rosacées peut se découper en groupes plus simples dont les membres se ressemblent davantage. On parle de sous-familles.
 
 
La première, facile à distinguer, est celle des Prunoïdées. Elle comprend ce que tout le monde connaît sous le nom de fruits à
noyau. Les fleurs ne comportent qu’un seul carpelle qui se transforme en un fruit composé d’un mésocarpe charnu et en général comestible entourant un endocarpe ligneux appelé noyau. Un tel fruit est appelé une drupe. Ce fruit ne contient qu’une
seule graine, en général toxique du fait de sa teneur en hétéroside cyanogène. La coupe longitudinale de la fleur correspond au

schéma ci-contre, représentant la coupe formée par le réceptacle floral.
Les sépales sont insérés au bord de la
coupe. Les pétales et étamines,insé-
rés sur le même bord ne sont pas re-
présentés. L’unique carpelle est situé
au fond de la coupe.
La seconde sous-famille esr celle des
Rosoïdées.Ici, lescarpelles sont en général
nombreux et ne contiennent là encore
qu’un seul ovule,le fruit ne contiendra donc qu’une seule graine.Ce sont en général des fruits secs appelés akènes.
Les nombreux carpelles ne pouvant être tous fixés au fond de la coupe, il s’y développe parfois un petit axe qui les porte, comme chez les framboises ou encore les fraises où cet axe devient charnu. Chez les roses c’est le réceptacle qui devient charnu et enveloppe complètement les akènes.
 
La troisième sous-famille,  celle des Spiréoïdées a des carpelles à plusieur sovules. Ces carpelles, au nombre de 5 deviennent des fruits secs qui s’ouvrent, appelés follicules.
La  dernière  sous-famille,  celle des Pomoïdées
comprend ce que l’on nomme communément les fruits à pépins. Ici les 5 carpelles à plusieurs ovules sont entièrement contenus dans le réceptacle charnu, mais en plus ils s’y soudent, formant une seule masse.
 
Les études modernes concernant en particulier l’ADN, ont légèrement modifié cette répartition des Rosacées. Les sous-familles passent au nombre de trois car les anciennes Pomoïdées et Prunoïdées sont incluses dans les Spiréoïdées alors qu’une sous-famille des Dryadoïdées est séparée des Rosoïdées.
Pour parler des Rosacées de notre Jardin botanique
nous allons suivre cette nouvelle classification en es-
pérant qu’elle soit définitive.

La sous-famille des Dryadoïdées.

Nous commençons donc par la sous-famille des Dryadoïdées.
 Elle comprend 5 genres dont un seul est représenté en Europe et au J.B. C’est le genre Dryas avec l’espèce Dryas octopetala, présente dans l‘Arctique et dans les hautes montagnes. Au jardin vous la verrez sur les parcelles G0 et G1. Il s’agit d’une plante ligneuse rampante, dont les fleurs ont curieusement 8 pétales. Ses fruits sont des akènes dont le style s’allonge et devient plumeux, permettant une dispersion par le vent. Les feuilles sont crénelées comme celles de certains chênes, d’où le nom Dryas, de « Drys », chêne en grec, d’où également le nom français Chênette. En allemand il s’appelle «Silberwurz ». Il est également une des plantes nommées « Thé d’Europe », car on en faisait des tisanes.
 Le Jardin comporte encore trois autres Dryas, d’origine nord-américaine : D. drummondiiainsi que D. tenellaet D. integrifolia, tous deux du Labrador.
 

La sous-famille des Rosoïdées

Le genre Filipendula

 
La sous-famille des Rosoïdées est un groupe immense,  comprenant des genres  isolés et des groupes de genres appelés tribus.
Le genre Filipendula est représenté au Jardin par
ses deux espèces indigènes. Tout d’abord la Reine
des prés, Filipendula ulmaria. C’est une grande
herbe des prés humides, remarquable par ses
feuilles curieusement découpées et sa multitude de
fleurs blanches. Elle est connue pour contenir de
l’acide salicylique, une molécule proche de
l’aspirine. Ses fruits sont des akènes curieusement
enroulés en hélice. On peut la voir en D4. L’autre
espèce, visible en E4, est une plante plus petite,
poussant dans les prés secs et munie de 6 pétales,
ce qui lui a valu le nom de Filipendula hexapetala.
Elle a retrouvé son nom, plus ancien, donc valide,
de Filipendula vulgaris. A la différence de la précédente ses akènes sont droits.
!
 
 

Un groupe de genres, la tribu des Coluriées

!

Puis vient un groupe de genres, la tribu  des Coluriées,
en  fait 10 genres  dont  deux seulement sont représentés au Jardin.
• Le premier est le genre Geum, en français Benoîte. Il est bien connu en Alsace sous la forme de Geum urbanum, la Benoîte
des villes, une redoutable mauvaise herbe. Comme tout le genre Geum,elle se propage par des akènes crochus qui se
fixent aux chaussettes des passants. Elle n’est offi-
ciellement pas présente au Jardin botanique. On y
trouve par contre Geum pyrenaicum, en D2 et
Geum canadense en D6.
• Le second genre est représenté par Waldsteinia
ternata, une plante du sud-est de l’Europe et du
Moyen-Orient, visible en G0 et G1.
 
 
 

La tribu des Potentillées

 
 
La tribu des Potentillées comprend 20 genres dont
seulement 2 sont  présents auJardin. Parmi les
absents de marque on compte legenre
Fragaria, le fraisier que tout le monde
connaît, le genre Duchesnea, la fausse fraise qui y
existe peut-être à l’état de mauvaise herbe, sinon
elle y viendra bientôt, et Sibbaldia, une petite
plante apétale qui survit peut-être encore dans les
Hautes-Vosges.
Vous pouvez par contre voir Alchemilla vulgarisqui représente un genre auquel les spécialistes attribuent des centaines d’espèces dont 90 en France et 13 en Alsace. Les Alchémilles sont des herbes aux fleurs petites et verdâtres, connues pour la forme
 

de leurs feuilles rappelant une capeline qui leur valent
 le nom de « Frauenmäntelchen » en allemand. Les
 gouttes de rosée qui se déposent au bord de ces
 feuilles étaient très appréciées des alchimistes.
 Le genre Potentilla, est lui représenté, par 21 espèces.
 Ce sont des plantes herbacées, voisines des fraisiers
 dont elles se distinguent par le fruit qui n’est pas char-
nu. Leurs fleurs sont le plus souvent jaunes mais aussi
blanches, voire rouges. Parmi les espèces européennes
on peut voir P. alba en N2, N4 et N7, P. aurea en N7,
P. crantzii en D3, P. grandiflora en N9, P. heptaphylla en N9, la minuscule P. micrantha en D2 et N2, P.nitida en N2, P. rupestris en N4 et D2, et P. tabernaemontani en N2.
Potentilla fruticosa mérite une place à part. C’est une des rares potentilles ligneuses. Elle est répandue dans les zones froides de tout l’hémisphère nord. C’est un bel arbuste décoratif et comme elle est, de plus, très résistante, elle est très employée à titre ornemental. Ses fleurs sont normalement jaunes mais on en trouve à fleurs blanches et même rouges. On la voit en A1 et N6
D’Amérique nous viennent Potentilla gracilis, en B9, représentée par 2 variétés et P. pennsylvanica en N9.
L’Asie est représentée par P. argyrophylla et P. eriocarpa en N7 ainsi que P. nepalensis en N1, sans oublier en N5 et N7, P. atrosanguinea, aux remarquables fleurs rouges. Toutes ces espèces sont originaires de l’Himalaya.

 

Le genre Rosa

 
Puis vient le genre Rosa. Il a, à lui tout seul le rang  de tribu. Les Rosiers  se distinguent en effet de toutes les autres Rosacées, par un réceptacle charnu en forme d’urne, le plus souvent rouge, contenant un grand nombre d’akènes. Ces akènes sont accompagnés de poils raides, ce qui vaut au fruit du rosier le nom de
gratte-cul. En effet, ces fruits sont comestibles et
bons, très riches en vitamines C et en caroténoïdes,
mais les poils qu’ils contiennent grattent tout le
long de leur trajet à travers l’organisme. Certains
botanistes, trouvant ce nom trop cru, l’ont rempla-
cé par le mot grec cynorrhodon. Le genre Rosa
comprend une centaine d’espèces de l’hémisphère
nord tempéré et des montagnes des tropiques. La
rose est la fleur par excellence, célèbre pour sa
beauté et ses épines, comme on peut le voir dans le
«Heidenröslein» de Goethe, et autrefois pour sa
courte durée de vie, célébrée par Ronsard dans «Mi-
gnonne allons voir si la rose...» et par Malherbe
avec « Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses,
l’espace d’un matin ».
Le rosier est un arbuste sarmenteux, voire une
liane, se fixant à son support par des épines ou ai-
guillons qui sont en fait de gros poils. Ces épines
sont droites ou crochues. Les feuilles sont impari-
pennées avec de 3 à 11 folioles selon les espèces.
Les stipules, toujours présentes sont un caractère
de détermination.
Les roses cultivées se représentent le plus sou-
vent sous la forme d’un gros paquet de pétales
comme le cultivar ‘Kronenbourg’ ci-contre.

En fait ce sont des plantes trafiquées, des mutants chez qui les nombreuses étamines sont modifiées en pétales.
Les vraies roses sauvages s’appellent des églantines et ont 5 pétales et de nombreuses étamines. La plus commune dans nos régions est l’églantine dite des chiens, Rosa canina. Elle ne se trouve pas au Jardin botanique mais est fréquente dans la campagne alentour. Assez répandue également est Rosa rubiginosa, vous pouvez la voir en
D4 et E 5. Elle se distingue de R. canina par de
nombreux poils glanduleux. Parmi les roses indigènes présentes au jardin, on peut citer aussi Rosa arvensis, la rose des champs, un arbuste à fleurs blanches dépassant rarement 1 m de haut, visible en N6. Rosa vogasiaca, la rose des Vosges se
 
trouve en A4. Malgré son nom elle est répandue sur les collines et montagnes de l’Europe et même de l’Asie. Il en est de même de Rosa pimpinellifoliaun arbuste bas, très épineux, à fleurs blanches visible en D4 et A11. Les plantes de cette espèce présentes au Jardin ont des fleurs doubles, avec de nombreux pétales alors que le type sauvage n’en a que 5. En L5 on trouve Rosa glauca au feuillage d’un vert bleuâtre. Elle ne se trouve en Alsace qu’en certains points des Hautes-Vosges. L’espèce
Rosa villosa en A12 appartient à un groupe d’églantines indigènes aux feuilles poilues en dessous, très difficiles à distinguer entre elles, que l’on groupe sous le nom de Rosa tomentosa.
Le Jardin Botanique montre également une demi-
douzaine de roses d’origine horticole bien que cela
soit plutôt la spécialité du Jardin des Roses.
Parmi les roses exotiques, l’Amérique du nord est
représentée par Rosa blanda, en D6. C’est une plante aux tiges dressées, pratiquement sans épines pouvant atteindre 2 m de haut. Elle a une répartition très étendue, aux U.S.A. où elle est appelée « Meadow Rose ». On l’appelle parfois aussi Rose de Virginie, mais il ne faut pas la confondre avec Rosa virginiana qui elle est épineuse. L’Ouest des U.S.A. est représenté par Rosa californica en E6 et l’Est par Rosa palustris en D4.
L’Asie est représentée par Rosa brunoni, qui vient de l’Himalaya et par de nombreuses espèces chinoises. Parmi elles trois exemplaires en L1, L2 et L5 de Rosa roxburghii, qui n’est pas un arbrisseau sarmenteux comme les autres rosiers mais un arbuste pourvu d’un tronc. Une autre espèce remarquable se trouve en J4 et K2, c’est Rosa sericea var.pteracantha, appelée également Rosa omeiensis.
En fait les deux espèces R. sericea et R. omeiensis ont été décrites séparément par des botanistes européens. Mais actuellement les botanistes chinois considèrent que R. omeiensis n’est qu’une variété de R. sericea.. Curieusement les deux ont une
forme à grandes épines aplaties, d’un rouge vif très spectaculaire, dite ‘pteracantha’. Du Japon nous vient Rosa multifloraInermis qui forme des touffes immenses dépassant 2 m de haut et pouvant couvrir plusieurs mètres carrés. Pratiquement sans épines elle porte une multitude de fleurs roses.
De l’extrême est de l’Asie provient Rosa rugosa,
que vous pouvez voir en I1 mais également au bord des autoroutes, en une foule de lieux publics et sur les dunes de la Mer du nord. Cette plante, pratiquement increvable, supporte le froid, le vent, le sel, la sècheresse et peut se cultiver partout. Dans un jardin elle poussera toujours très bien, vous fournira une multitude de fleurs roses ou blanches, simples ou doubles et de gros fruits rouges qui lui valent son nom allemand de « Kartoffelrose ». Evitez ce-
pendant de vous faire envahir, car elle se multiplie par des rhizomes traçants très efficaces. Nous terminerons les roses par une plante qui ne devrait pas supporter le climat de l’Alsace mais que vous
pouvez voir en M2. Il s’agit de Rosa sempervirens, une plante du sud de l’Europe et d’Afrique du nord dont les fleurs blanches ne se trouvent en France que dans le Midi et le Sud-Ouest.
Le genre Rubus a lui aussi rang de tribu. Il est assez proche
 du genre Rosa mais les plantes sont beaucoup moins ligneuses, les feuilles en général palmées et surtout les fruits
 sont très différents. En clair il s’agit des ronces dont les fruits
 sont le plus souvent appelés des mûres, à ne pas confondre
 avec les fruits du Mûrier. Ces fruits sont constitués de nom-
 breux carpelles, comme ceux des rosiers, mais au lieu que le
réceptacle soit grand et charnu, il est peu creux (voir schéma
Framboise p.1) et les carpelles ont eux une partie interne li-
gneuse, le noyau, et une partie externe charnue qui donne
leur valeur alimentaire aux framboises et aux mûres. Chaque
carpelle constitue une drupe et le fruit entier est appelé une
polydrupe. Les « pépins » des mûres sont donc en fait de pe-
tits noyaux.
Très sagement ce genre n’est représenté au Jardin Botanique
gènes sont en effet des plantes très inconfortables pour un Jar-
que par des espèces exotiques. Les ronces indigènes sont en effet des plantes très inconfortables pour un Jardin Botanique. D’une part elles sont épineuses et envahissantes, mais surtout il est très difficile de mettre une étiquette dessus. Les ronces ont en effet un mode de reproduction
particulier, que partagent d’autres Rosacées comme les
Alchémilles, les Sorbiers, les Cotonéasters, les Aubépines
etc. Les graines sont en partie issues de fécondation normale,
mais également d’apogamie, c’est-à-dire que l’embryon
contenu dans la graine est formé de cellules identiques à
celles de la plante mère, sans aucun apport paternel. La population issue de ces graines constitue donc un clone. Ce mécanisme permet la multiplication de tous les hybrides, y
compris ceux normalement stériles. Un spécialiste attentif
peut considérer chacun de ces clones comme une espèce, ce
qui multiplie à l’infini le nombre de celles-ci. Pour un cueilleur de mûres normal, celles-ci constituent une espèce que Linné a appelée Rubus fruticosus. Pour un spécialiste, il existe en France 230 espèces de mûres dont une cinquantaine en Alsace.
En A13 on peut voir une très belle ronce américaine, Rubus odoratus. Elle est remarquable par ses grandes feuilles simples et palmées et ses fleurs odorantes, d’un rose soutenu, pouvant atteindre 5 cm de diamètre. Ses fruits rouges sont par contre à peine comestibles.
Les autres ronces sont asiatiques Rubus henryi, une très curieuse liane chinoise en I3 et sa variété bambusarum en I2. Rubus thibetanus en K2 attire l’attention par ses remarquables tiges couvertes d’une pruine blanche. Rubus pentalobus et Rubus taiwanicola viennent de l’île tropicale de Taiwan où elles poussent en haute altitude, ce qui explique leur rusticité.
Le Japon est représenté par Rubus palmatus en K3 et Rubus trifidus en I3.

 

Avec la tribu des Sanguisorbées nous terminons la sous-famille des Rosoïdées.

Elle comprend 15 genres dont 3 sont représentés au Jardin Botanique.

!

Le genre Acaena comprend  une soixantaine d’espèces de
plantes vivaces à fleurs apétales. Il est répandu dans les zones froides de l’hémisphère sud. On en trouve en Amérique, depuis la Terre de Feu jusqu’au Mexique, mais uniquement en haute altitude dans les zones chaudes. Il y en a par ailleurs en Nouvelle-Zélande et en Polynésie. C’est donc typiquement un genre originaire des régions
froides du Gondwana, bien que parfois cultivés dans des jardins, les Acaenas ont peu d’intérêt ornemental du fait de leurs fleurs vertes.
Au Jardin Botanique vous pouvez voir Acaena alpina, des montagnes du Chili en N7 et A. microphylla de Nouvelle-Zélande en A12 er N2.
 
 
Le genre Agrimonia comprend 10 espèces dont deux en France et en Alsace.
Agrimonia eupatoria, est une plante assez commune, son nom français Aigremoine, n’a rien à
voir ni avec aigre ni avec moine, c’est une déformation de Argemone, une plante de la famille des Papavéracées. Cette confusion date des Anciens, en fait de Dioscoride au 1er siècle.
Les Aigremoines sont reconnaissables à leurs petits fruits formés par un réceptacle couvert de crochets qui se fixent au pelage des animaux et aux chaussettes des passants.
Vous trouvez également en N6, Agrimonia odorata, une plante plus rare, plus grande et fortement glanduleuse.
 
Une proche cousine, Aremonia agrimonoides en
I1, nous vient du sud de l’Europe.
Le genre Sanguisorba comprend une trentaine
d’espèces.
 
Ce sont des plantes aux fleurs apétales et anémogames, dont deux poussent dans nos régions. La grande Pimprenelle, Sanguisorba officinalis, visible en B9, est une grande herbe des prairies humides, aux glomérules de fleurs rouge foncé.
 
La petite Pimprenelle Sanguisorba minor, est une
plante des lieux secs et calcaires que l’on trouve à
l’état sauvage dans les pelouses du Jardin Botanique.
 
Avant Linné ces plantes s’appelaient Pimpinella, mais
ce dernier a donné ce nom à une Ombellifère, créant
ainsi la confusion. Comme quoi, même les grands
hommes...
 
 

La sous-famille des Spiraeoidées.

Nous abordons maintenant la dernière sous-famille des Rosacées, celle des Spiraeoidées. Elle comprend les
anciennes sous-familles des Prunoïdées, des Pomoïdées et bien sûr des Spiraeoïdées.
 

La tribu des Sorbariées

 
La tribu des Sorbariées est représentée au Jardin Botanique par deux espèces du genre Sorbaria. Ce sont des ar-
bustes drageonnants, à grandes feuilles pennées et à petites fleurs en grandes panicules. Sorbaria arborea, en L1
qui vient de Chine et de Corée, a des feuilles simplement pennées.
Sorbaria tomentosa, en I3 vient de l’Himalaya. Il peut atteindre 5 m de haut et possède des feuilles deux fois pennées.
 

La tribu des Spirées

Tout  comme est  la précédente, la tribu des Spirées
est caractérisée par des  fruits secs. 
 Ce sont des follicules, en général au nombre de 5, qui
 s’ouvrent en libérant leurs graines.
 Elle est représentée dans nos régions par la Barbe de
 bouc, encore appelée Reine des bois, Aruncus dioicus.
Cette plante, visible en B9 et G5, est répandue dans les lieux  humides  des montagnes  d’Europe et d’Asie, des Vosges à l’Himalaya. C’est une plante vivace, dioïque, pouvant atteindre 2 m de haut et portant en été d’immenses inflorescences de plus de 10.000 petites fleurs blanches.
Sibiraea laevigata , en L1, est une plante de Sibérie.
Le genre Spiraea comporte une centaine d’arbustes dont beaucoup d’espèces sont cultivées à titre ornemental. On trouve également de nombreux hybrides dans le commerce. Leur détermination est souvent délicate.
En D4 on peut voir Spiraea prunifolia, un arbrisseau
à rameaux retombants portant de nombreuses petites
fleurs blanches. Il est originaire de Chine.
Spiraea x vanhouttei en B6 est un hybride horticole,
croisement de S. cantonensis par S. trilobata. Il est
très répandu dans les jardins de la région.
 
 
 
 

La tribu desAmygdalées

La tribu des Amygdalées  correspond aux anciennes Prunoïdéeires, c'est à dire aux fruits à noyaux.
Elle se résume en fait au genre Prunus. Celui-ci comprend quelque 200 espèces surtout asiatiques.
Le Merisier, Prunus avium, est indigène chez nous,
mais son aire s’étend jusqu’en Sibérie. C’est la forme
sauvage du Cerisier.
 Les deux formes ne se distinguent que par la taille des fruits. Le bois est d’ailleurs toujours vendu sous le nom de merisier.
L’espèce est visible en I3. Il ne faut pas confondre le
Merisier sauvage avec le Griottier, Prunus cerasus,  aux fruits acides, également indigène mais non présent au Jardin Botanique.
Indigène également, Prunus mahaleb , le Bois de Ste  Lucie, est un arbuste des lieux secs et pierreux. Son aire s’étend jusqu’au Moyen-Orient. Il est visible en A5
Autre espèce indigène mais également asiatique, le
Merisier à grappe Prunus padus en J6. Il est répandu dans les bois humides. On apprécie ses jolies grappes de fleurs blanches mais non l’odeur de son bois qui est fort désagréable. Il a un cousin américain, cultivé à titre ornemental et parfois subspontané : Prunus serotina. Vous pouvez le voir en E5, E6, E8, I6 et sous sa sous-espèce capuli en G2.
Parmi les espèces exotiques, souvent cultivées à titre
ornemental, on peut voir Prunus cerasifera en G6, surtout connu pour sa variété pissardi au feuillage rouge
qu’on peut voir en A8.
Deux autres Pruniers asiatiques sont eux, cultivés pour leur écorce remarquable. Tout d’abord Prunus
serrula en M1, décoratif par son écorce rouge foncé à
la surface remarquablement brillante, car elle se délite en fines feuilles comme celle du bouleau. Il est de même pour Prunus maackii en J3 et K2, mais ici l’écorce est de couleur jaune. Prunus tenella en B9, répandu en Europe et en Asie, ainsi que Prunus tomentosa en N9, de l’Asie du nord-est, sont d’un moindre intérêt.
Très connus au contraire sont les Lauriers-cerises.
Malgré leur nom ce ne sont pas des Lauriers, dont ils n’ont que le feuillage persistant. Ils constituent la forme méridionale du genre Prunus, adaptés à des hivers doux. Le premier, et le plus répandu en Alsace, est Prunus laurocerasus à voir en E7 et N2. Il est très cultivé pour faire des haies mais doit être taillé au sécateur, car le taille-haie à moteur coupe en deux ses grandes feuilles brillantes.
Ceux qui le prennent pour un Laurier n’ont qu’à ob-
server sa floraison, très proche de celle du Merisier
à grappe, Prunus padus. Il est originaire du sud-est
de l’Europe et du Proche-Orient. Son cousin Prunus
lusitanica en A13 et B7 est, comme son nom
l’indique, originaire d’Europe du sud-ouest. Il se re-
connaît à des feuilles plus petites, plus sombres et surtout à ses pétioles rouges. Les deux espèces donnent
de petites prunes noires non comestibles et d’un goût
désagréable, mais dont les noyaux germent facilement et assurent une propagation efficace.
 

La tribu des Kerriées comprend 4 genres.

Puis  viennent trois tribus non représentées en Europe mais comprenant quelques arbustes ornementaux.
La tribu des Kerriées comprend 4 genres.
Au Jardin Botanique nous trouvons Kerria japonica
en A15. C’est un arbrisseau répandu dans les montagnes du Japon et de Chine Centrale. Il est facile à reconnaître à ses tiges vertes à faible longévité et à ses fleurs jaunes. Il a été importé en Europe en 1804 par William Kerr que le Kew Garden avait envoyé en Chine chercher des plantes. Kerr y avait trouvé une forme à fleurs pleines en provenance du Japon où celle-ci était cultivée au moins depuis 1700. La forme normale à 5 pétales et à nombreuses étamines n’a été importée de Chine qu’en 1834. Elle est beaucoup moins vigoureuse. Kerr ayant envoyé un échantillon sans aucune fleur, la plante avait d’abord été prise pour une Tiliacée et nommée Corchorus japonicusd’où le nom de Corète du Japon qu’on lui donne parfois en français. Sa culture ne présente aucune difficulté ni pratiquement aucun entretien si ce n’est l’élimination des tiges mortes. L’arbuste ne fructifiant pas chez nous, la multiplication se fait en

en prélevant les rhizomes qui se multiplient en abondance.En J6 et J7 nous trouvons Rhodotypos scandens, un arbuste originaire de Chine, du Japon et de Corée, qui ressemble à un Kerria mais a des fleurs blanches.Elles sont suivies par plusieurs gros akènes noirs.

La tribu des Osmaroniées

La  tribu  suivante, celle des  Osmaroniées, n’est elle  aussi représentée que par deux espèces. Tout d’abord Exochorda racemosa en K2 et I1.
C’est un arbuste dont les fleurs, d’un blanc très pur,
constituent le principal attrait. Il est originaire de
l’ouest de la Chine. Là encore le fruit est constitué de
plusieurs akènes.
Oemleria cerasiformis, en E5, est un arbuste dioïque
qui nous vient de Californie. Il est appelé là-bas
« Indian plum » car les femelles donnent des fruits co-
mestibles. C’est également le premier arbuste à fleurir
au printemps le long de la Côte pacifique des U.S.A..

La tribu des Neilliées

La tribu  des Neilliées  comprend trois genres, tous  trois présents au Jardin Botanique.
Le genre Neillia comprend une dizaine d’espèces d’Asie centrale et orientale. Il est caractérisé par de petites fleurs en grappes étroites, généralement roses et 
dont le gynécée est composé d’un seul carpelle donnant un petit follicule. Les Neillias sont de petits arbustes ravissants, de culture facile. Leur rusticité est un peu limite mais en plaine il n’y a pas de problème, d’autant qu’ils repoussent vigoureusement en cas de gel exceptionnel.
En M2 on trouve Neillia affinis originaire de Chine de l’ouest et en J2 Neillia uekii qui vient de Corée.
En E8 se trouve Physocarpus opulifolius, un arbuste
de l’est de l’Amérique du nord. Son écorce qui se dé-
tache en fibre lui vaut le nom français de Bois à sept
écorces. L’anglais en rajoute avec « Nine bark ».
C’est le fruit gonflé en outre qui justifie son nom latin.
Le genre Stephanandra doit son nom aux étamines
qui persistent au sommet du fruit, en formant une cou-
ronne. Stephanandra chinensis, en K1, vient bien sûr
de Chine. Les deux autres, Stephanandra incisa et
Stephanandra tanakae sont japonais.

La tribu desPyrées

La  tribu  des Pyrées  est riche  de 33 genres dont une bonne moitié est présente au Jardin Botanique. Ce sont les plantes donnant les fruits à pépins.
En fait, une partie d’entre eux ont des noyaux, c’est-à-dire que le pépin est entouré d’une enveloppe dure. Dans un cas, celui du Pommier, il y a un doute. Bien sûr les  pommes ont des pépins, mais autour de ceux-ci il y a une enveloppe rigide, qui ne mérite pas le nom de noyau bien que c’en soit l’équivalant, que l’alsacien appelle « Kernehisel » et qu’on enlève lorsqu’on épluche les pommes. Les Pommiers sont des arbustes ou de petits arbres, dont le seul représentant indigène, Malus sylvestris, le Pommier sauvage, en alsacien « Holzäpfel », n’est pas présent au Jardin Botanique. On y trouve par contre 12 espèces de Malus asiatiques, dont nous ne citerons que Malus baccata, en G5, aux jolis petits fruits
rouges, qui vit en Chine et en Sibérie. L’Amérique du
nord est représentée par Malus fusca, en L1.
Les Poiriers, en latin Pyrus, sont représentés au Jar-
din Botanique par 4 arbres dont Pyrus pyraster, le poirier sauvage en G7. C’est un arbuste épineux voire un arbre, répandu à l’état dispersé dans nos forêts de plaine. Il est l’ancêtre du Poirier cultivé Pyrus communis. Les poires se distinguent des pommes par un fruit entièrement charnu autour de pépins, à l’exception de groupes de cellules très dures, dites cellules pierreuses, qui donnent un toucher granuleux à la chair de certaines parties du fruit. La chair est également beaucoup moins acide que celle de la pomme.
 
La forme du fruit est variable et peut être semblable à celle d’une pomme, comme on peut le voir sur le  Poirier ‘Nashi’ en J7, une espèce cultivée en Asie et maintenant vendue chez nous. Pyrus ussuriensis, en I4, est un Poirier sauvage de l’Asie du nord-est.
Parmi les autres fruits à pépins on peut citer les Amé-
lanchiers. On en connaît une vingtaine d’espèces,  toutes américaines sauf une, Amelanchier ovalis, visible en K5. C’est un arbuste à petites feuilles rondes et dont les fruits noirs ont l’aspect d’une myrtille, mais la structure d’une poire. Ils sont comestibles et bons. Leur nom, amélanche, vient du provençal et provient de l'hybridation entre le mot gaulois "aballos" et le latin "malum" signifiant tous les deux :pomme. L’arbuste est commun dans la région mais pousse exclusivement sur les rochers, y compris les ruines des châteaux-forts vosgiens. Les fleurs sont blanches avec typiquement 5 pétales très étroits.
 
 
L’Amérique est représentée par Amelanchier canadensis en D8 et Amelanchier lamarkii en J4 et K2. Leurs fruits entrent en Amérique dans la confection de pâtisseries.
Les Sorbiers également ont de vrais pépins. Sorbus
aucuparia, en E7 est le Sorbier des oiseleurs, bien connu et cultivé pour ses fruits rouges décoratifs et ses feuilles pennées. 
 
A l’état sauvage on le trouve dans les montagnes d’Europe, y compris les Vosges.
Dans les mêmes montagnes on trouve Sorbus mougeoti, le Sorbier des Vosges, visible en D1 et K2 et dédié au docteur Mougeot, un médecin botaniste qui vécut à Bruyères au 19e siècle. Cet arbre à feuilles simples est en fait un Alisier plutôt qu’un Sorbier. Il est en effet très proche de l’Alisier blanc, Sorbus aria. La systématique récente sépare d’ailleurs ces plantes du genre Sorbus en créant un genre Aria. Mais que faire alors de Sorbus intermedia, en J6 ? C’est un arbre de Scandinavie, aux feuilles partiellement pennées, très difficile à distinguer de Sorbus x hybrida, l’hybride entre Sorbus aucuparia et S. aria, visible en N3.
Nous avons ici encore, comme chez les Rubus et ailleurs dans les Rosacées, des hybrides fertiles qui embrouillent la classification et la nomenclature. En fait cette fertilité est due à l’apomixie déjà signalée.
Sorbus torminalis, l’Alisier torminal, à voir en A3 et
G8, est un bel arbre aux feuilles lobées, répandu dans nos forêts de plaine sur calcaire. Il est lui aussi mis à part dans le genre Torminalis.
Il en est de même de Sorbus domestica, le Cormier, à
voir en E6, séparé dans le genre Cormus. Cet arbre qui
peut atteindre 500 ans et devenir majestueux, est origi-
naire du Midi. Il a été longtemps cultivé pour ses fruits,
les cormes, que l’on a ensuite méprisés, au point de les
réserver aux cochons. 
Cela a valu à l’arbre le nom allemand de « Eberesche », le frêne aux verrats, l’allusion au frêne étant due à la forme pennée des feuilles. 
Du fait de leur longévité on trouve encore des Cormiers en
Alsace, en particulier du côté de Singrist, d’où sont is-
sus les arbres du Jardin Botanique.
En L1 et L5 se trouve x Sorbopyrus auricularis, un hy-
bride entre Sorbus aria, l’Alisier blanc et Pyrus communis, trouvé à Bollviller en 1599. Cet hybride intergénérique montre à quel point les différents genres de la tribu des Pyrées sont proches les uns des autres.
Le  genre Aronia comprend  des arbustes à feuilles caduques de l’Est de l’Amérique du nord, où ils poussent dans les marais et les forêts humides. Les fleurs blanches apparaissent au printemps et les fruits sont semblables à de minuscules pommes rouge sombre et juteuses. Le nom Aronia fait d’ailleurs référence au nom Aria qui désigne
un de nos Sorbiers. Les Américains l’appellent Chokeberry, car les fruits passent pour étouffer les oiseaux,
qui en sont très friands. Ces baies sont peu sucrées mais riches en vitamine C et peuvent servir à faire des confitures. On les consomme aussi avec des plats salés, comme nos airelles. Au Jardin Botanique on voit Aronia prunifolia du Sud-est des U.S.A. ainsi qu’un hybride horticole en D4.
Le Cognassier, Cydonia oblonga se trouve en A2 et
K2. C’est un arbre fruitier connu depuis la plus haute
antiquité. Originaire des montagnes du Moyen-Orient, il fut introduit en Crète puis en Grèce. Le nom français vient du latin cotoneus à cause de l’aspect cotonneux du fruit.
 
Le genre Chaenomeles, très voisin, comprend les Co-
gnassiers du Japon. L’espèce la plus connue est Chaenomeles speciosa, visible en A12 et A 14. C’est
un arbuste dense et épineux, atteignant facilement 2 m de haut, abondamment cultivé pour ses fleurs roses qui apparaissent très tôt au printemps. Les fruits ronds permettent de faire une très bonne gelée de coings. Il est originaire de Chine. Son très proche cousin Chaenomeles japonica atteint difficilement 1m de haut et a des fleurs plus foncées.
 
 
 
 
Les fruits plus petits et coniques ont un goût de ré-
sine peu agréable..
Chaenomeles cathayensis en L1 et L2 est également
chinois, Cathay étant le nom donné à la Chine au Moyen-Âge. C’est un arbuste à grandes épines, dont les fleurs abondantes sont suivies par de gros fruits très durs mais paraît-il comestibles et parfumés après cuisson.
Pseudocydonia sinensis, en J2 et E7, est un arbuste, qui comme les Chaenomeles, appartenait autrefois au genre Cydonia, d’où l’appellation de Cognassier. Il est originaire du sud-est de la Chine, en zone tropicale, mais comme il pousse à plus de 1.000 m d’altitude, il supporte nos hivers. Ses fleurs, de couleur rose sont solitaires, ce qui le distingue des vrais Cognassiers. Il est également ornemental par son
feuillage rouge en automne et par son écorce semblable à celle du Platane.
D’autres membres de la tribu des Pyrées ont des carpelles dont la paroi interne est ligneuse, formant un noyau autour des graines.
C’est  le cas dansle genre  Mespilus.  Celui-ci ne compte  qu’une espèce Mespilus germanica le Néflier. C’est un petit arbre originaire du sud de l’Europe, mais répandu partout, y compris en Allemagne, d’où le nom, pour ses fruits autrefois estimés et aujourd’hui méprisés. On dit « des nèfles » pour signifier « rien », comme les anglo-saxons disent « nuts ». Pourtant, tout comme les noix, les nèfles sont fort bonnes. Il faut cependant ne les manger qu’à point, comme le camembert, entre le moment où elles sont encore acerbes et celui où elles sont pourries.
 
Dans le même groupe nous trouvons le genre Cotoneaster. Ce sont des arbustes à petites feuilles, à petites fleurs blanches ou roses et à petits fruits généralement rouges, parfois noirs. La littérature botanique généraliste en connaît 20 à 30 espèces dont 2 en France. Pour les spécialistes, il en existe des centaines. Notre Jardin Botanique en compte 92, celui de Strasbourg 460, si j’ai bien compté. Le commun des mortels ne connaît que Cotoneaster horizontalis, visible en D4 et D6 et originaire de l’ouest de la Chine. Il est très largement cultivé à titre ornemental. Cotoneaster cochleatus, de même origine est au moins aussi joli. Le genre Cotoneaster présente lui aussi le phénomène d’apomixie, qui permet à n’importe quelle combinaison génétique d’acquérir le rang d’espèce. Il est répandu en Europe et en Asie, avec un centre de gravité en Chine.
 
Également  répandu  en  Europe et en Asie,  le genre Crataegus a son centre de gravité en Amérique du nord. Il est connu en français sous les noms d’Aubépine, qui signifie Epine blanche et se pose en contraire de l’Epine noire, autre nom du Prunellier. Egalement apomictique, le genre Crataegus compte en principe 50 espèces, mais pour les spécialistes il y en a plus de 1.000 en Amérique du nord.
 
On en connaît 3 en France et 2 en Alsace. L’Aubépine commune, Crataegus monogyna, ainsi nommée car son fruit n’a qu’un noyau, est visible en L4, mais également un peu partout en Alsace, sur sol calcaire. L’autre espèce indigène, Crataegus lavigataest représentée en L1, par un cultivar à fleurs rouges, nommé de ce fait ‘Punicea’. En A4 on trouve l’Azerollier, Crataegus azarollus, facile à reconnaître à ses rameaux duveteux. Répandu autour de la Méditerranée, il est cultivé pour ses fruits comestibles. Son
proche cousin, Crataegus schraderiana, en G7, vient
de Grèce. D’Amérique du nord nous viennent Crataegus canadensis, en J7, C. coccinea, en E6, C. mollisen L1 et C. crus-galli, en J7. Ces derniers présentent des épines spectaculaires, à donner des complexes à nos pauvres aubépines locales. Crataegus harbisonii mérite une mention à part. C’est une de ces micro-espèces, comme il y en a des centaines aux U.S.A., mais là, vraiment micro. Elle ne vit à l’état sauvage que sur une colline près de Nashville dans le Tennessee. L’Asie est représentée par Crataegus tanacetifolia, en J4, et Crataegus tianschanica en L4.
En A13, B6 et B8, se trouve une plante remarquable.
Il s’agit de l’hybride de greffe +Crataegomespilus
dardari. Elle a été réalisée par Simon Louis au Jardin
Dardar à Bronvaux près de Metz en 1898. Le + devant le nom indique qu’il ne s’agit pas d’un hybride, qui serait indiqué par un x, mais d’une chimère. Dans un hybride chaque cellule contient les chromosomes de deux parents différents. Une chimère est faite d’un mélange de cellules provenant de deux plantes différentes. Un tel mélange peut s’obtenir à l’occasion d’une greffe, si un bourgeon se développe exactement sur le bourrelet de greffe, là où les cellules du porte-greffe et celles du greffon se touchent. Ce mélange est instable et l’on observe, au cours du développement de la plante, des rameaux contenant plus de
cellules d’une sorte que de l’autre, voire des rameaux
n’en contenant plus qu’une seule. Il faut continuellement surveiller et par une taille judicieuse, ne conserver que les rameaux bien mélangés.
 

Le genre Pyracantha, comporte 4 espèces, cultivées pour leurs petits fruits décoratifs. Pyracantha coccinea, originaire d’Asie du sud-ouest et visible en G5, G6 et G9, est apprécié pour ses petites feuilles brillantes et persistantes et ses fruits très nombreux et d’un rouge vif très lumineux qui lui valent le nom de
Buisson ardent, en allemand « Feuerdorn », qui est la
traduction exacte du grec Pyracantha. Sa facilité de culture et ses épines permettent en effet d’en faire une haie défensive assez efficace.
Le genre Photinia est actuellement à la mode, ces arbustes sont très souvent plantés pour leurs feuilles persistantes dont les plus jeunes restent longtemps d’un beau rouge. Les plantes vendues
par les professionnels sont le plus souvent des hybrides. Le genre compte une cinquantaine d’espèces, toutes en Extrême-Orient.
Photinia beauverdiana, en J3 vient de Chine ainsi que
Photinia davidiana en G8.
Photinia nitakayamensis, en J7 est originaire de Taiwan.
Photinia villosa, visible en A13 et I1 est répandu en Chine, au Japon et en Corée. Tous ces arbustes ont de petites fleurs blanches au printemps. Raphiolepis indica, en I7, vient de Chine et du Japon. Il a lui aussi un feuillage persistant et présente
en mai de ravissantes fleurs roses.
Comme vous pouvez le voir, Le Jardin Botanique du col de Saverne est très riche en Rosacées. Elles vont fleurir dès le printemps et vont ensuite agrémenter le Jardin de leurs fruits puis de leur feuillage d’automne.
Profitez-en pour faire plus ample connaissance avec cette remarquable famille de plantes.
 
 
Je tiens à remercier MM Frédéric Tournay et Pierre
Meppiel, qui m’ont fait profiter de leur excellente
connaissance du Jardin Botanique, ainsi que mon
épouse Monique pour les corrections.
 
!

Créé par Jean-Marie Weber. Dernière Modification : Samedi 30 mai 2015 09:39:52 par Jean-Marie Weber.